Bleu de four
Oxyde de cobalt — 40 g
Le plus puissant des colorants : une poignée suffit pour cent kilos. Au-delà, le verre devient presque noir et ne laisse plus passer la lumière.
Salle des oxydes
Le verre est naturellement vert, à cause du fer contenu dans le sable. Tout le reste — le bleu, l'améthyste, l'ambre, le blanc laiteux — s'obtient en ajoutant quelques grammes d'oxyde métallique à la fusion.
Nuancier de l'atelier
Les proportions ci-dessous sont celles pratiquées ici, pour un bain de cent kilos. Elles varient d'un atelier à l'autre et ne valent pas recette.
Oxyde de cobalt — 40 g
Le plus puissant des colorants : une poignée suffit pour cent kilos. Au-delà, le verre devient presque noir et ne laisse plus passer la lumière.
Oxyde de fer — 900 g
La teinte historique de la région, obtenue au départ sans le vouloir, par le sable local. Renforcée aujourd'hui pour rester constante d'une fournée à l'autre.
Oxyde de manganèse — 600 g
Employé aussi à dose infime comme décolorant : il neutralise le vert du fer. Le même produit sert donc à colorer et à effacer.
Soufre et carbone — 350 g
Dépend autant de l'atmosphère du four que du dosage. Une fournée trop oxydante et l'ambre vire au jaune paille.
Oxyde de cuivre — 500 g
Instable : le même bain donne turquoise en atmosphère oxydante et rouge sang en atmosphère réductrice. Deux couleurs pour un seul métal.
Fluorures — 2,2 kg
Ce n'est pas une couleur mais une opacification : des microcristaux se forment au refroidissement et diffusent la lumière au lieu de la laisser passer.
Une salle, une question
Parce que personne n'avait les moyens de le corriger. Le sable contient toujours du fer, et le fer verdit le verre. Obtenir un verre incolore a coûté, pendant des siècles, plus cher qu'obtenir un verre coloré : il fallait du sable lavé, du manganèse et un contrôle du four que peu d'ateliers maîtrisaient.
La salle présente côte à côte quatorze fragments datés du XIVe au XXe siècle, du plus vert au plus limpide. La lecture est immédiate et ne demande aucun texte : c'est le seul cartel de la salle.
Manipulation libre
Six oxydes sous cloche, à toucher du regard et à sentir : ils n'ont pas la couleur du verre qu'ils produisent. L'oxyde de cobalt est noir, le cuivre est vert bouteille, le manganèse est brun. Ce décalage surprend tout le monde, y compris les visiteurs qui pratiquent la céramique.
Sécurité
Le musée conserve des pièces à l'uranium et au plomb, produites jusque dans les années 1970. Elles sont exposées, expliquées, et ne sont plus fabriquées ici.